PVC, alu, bois ou mixte ?
Le vrai comparatif.
Le bon matériau pour vos fenêtres dépend rarement du goût. Il dépend du bâti, du climat, du budget et de la durée pendant laquelle vous comptez rester. Voici comment trancher honnêtement, après dix ans de pose dans les Monts du Lyonnais.

Avant le matériau, comprendre le Uw
Tout vendeur va vous parler du « Uw 1,1 », du « triple vitrage », du « 7 chambres ». Sans une grille de lecture, ces chiffres sont du bruit. Le seul qui compte pour votre confort et votre facture EDF, c'est le Uw — le coefficient de transmission thermique de la fenêtre complète (cadre + vitrage). Plus il est bas, moins la fenêtre laisse fuir la chaleur.
Repères concrets sur une journée d'hiver à -2 °C :
- Une vieille fenêtre simple vitrage des années 70 : Uw ≈ 5. Vous chauffez la rue.
- Un double vitrage standard des années 2000 : Uw ≈ 2,5. Sensation de paroi froide à 50 cm.
- Une fenêtre PVC milieu de gamme actuelle (Tryba T70) : Uw 1,1. Plus de paroi froide.
- Une fenêtre passive (Internorm HF410, triple vitrage) : Uw 0,7. La fenêtre devient une isolation à part entière.
La différence entre Uw 1,3 et Uw 1,1 paraît mineure. En pratique, sur 10 fenêtres d'une maison de 120 m², elle représente 180 à 240 € par an sur la facture chauffage, soit 4 500—6 000 € sur 25 ans. C'est ce calcul qui doit guider le choix en visite de chantier — pas la marque sur la fiche.
L'erreur la plus fréquente : choisir une fenêtre haut de gamme et la poser en conservation du dormant. Vous gardez le pont thermique, vous perdez la moitié du gain.
Le PVC : pourquoi 85 % des Français le choisissent (et quand ne pas)
Le PVC domine le marché de la rénovation depuis les années 90. Il y a trois raisons solides à cela, et une qu'on tait souvent.
Les raisons solides tiennent en quelques chiffres : un cadre PVC moderne 5 chambres atteint un Uw de 1,1 W/m²K, soit l'équivalent thermique d'un mur de 10 cm de béton avec isolation. Il ne demande aucun entretien — un simple coup d'éponge avec de l'eau savonneuse une fois par an. Et il est posé partout, par tous les artisans : la chaîne logistique est rodée, les pièces de rechange disponibles 20 ans après. Surtout, il coûte 30 à 50 % moins cher que l'aluminium pour des performances thermiques équivalentes voire supérieures.
La raison qu'on tait, c'est l'aspect visuel. Un PVC de premier prix se reconnaît : profilés épais (pour compenser la rigidité limitée du matériau), parclose vitrage saillante, blanc terne qui jaunit en 10 ans au sud. Si vous avez déjà visité une maison équipée en Veka Softline ou en Aluplast premier prix, vous savez. Pour faire oublier le matériau, il faut monter en gamme — et c'est là que le PVC moderne devient intéressant.
Les PVC du marché, rangés par usage
Trois fenêtres dominent les devis qu'on signe à FC Fenêtres en 2026.
Tryba T70 — l'un des profilés les plus posés en France. Fabriquée à Gundershoffen (Bas-Rhin) depuis 1980, l'entreprise est aujourd'hui le premier fabricant français avec 600 000 fenêtres/an. La T70 est un dormant 70 mm, 5 chambres, renfort acier galvanisé : un Uw 1,1 W/m²K honnête, joints EPDM noirs (vs gris translucide qui jaunissent), 20 coloris au choix dont les bois imitation très convaincants pour rénover en zone PLU stricte. Comptez 650 à 950 € posée selon dimensions. Garantie constructeur 10 ans.
Internorm KF310 — la gamme premium d'un fabricant autrichien historique (1931). Profilé 90 mm 7 chambres, Uw 0,8, mécanique Maco multimatic. C'est ce qu'on pose chez les clients qui veulent du PVC sans renoncer à la performance — typiquement les rénovations RE2020 où le DPE est juste à la limite. Tarif : 950 à 1 350 € posée. Garantie 10 ans.
Schüco LivIng — l'allemand qui rivalise avec son propre aluminium. Profilé 70 mm, 6 chambres, Uw 0,9, mais surtout un design fin (sections vues 117 mm seulement contre 130 mm Tryba) qui ressemble à de l'alu sans en être. Souvent choisi en remplacement de fenêtres alu vieillissantes pour rester dans le même esprit. 850—1 200 € posée.
Et un quatrième qu'on ne vous proposera pas : Veka Softline, Aluplast Ideal ou les fenêtres Castorama de marque distributeur. Ce sont des PVC corrects (Uw 1,2-1,3, garantie 5 ans), mais à 580—780 € posés, ils ne représentent que 15 % d'économie sur la Tryba pour une perte de 20 ans de durée de vie utile. Mauvais calcul.
L'aluminium : pour qui, vraiment ?
Si vous demandez à dix menuisiers pourquoi un client choisit l'aluminium, neuf vous répondront « pour le design ». C'est une demi-vérité. La vraie différence, c'est la portée.
Le PVC est limité par la rigidité du matériau. Au-delà de 1,4 m de portée vitrage, le profilé doit s'épaissir, le renfort acier se renforcer, et l'esthétique se détériore. C'est pour ça qu'on ne fait pas de vraies baies vitrées en PVC : à 2,4 × 2,4 m, vous obtenez quelque chose qui ressemble à une porte-fenêtre lourde, pas à une baie. L'aluminium, à l'inverse, peut couvrir des portées jusqu'à 4 m sans renfort visible. C'est pourquoi 95 % des baies vitrées coulissantes sont en alu.
L'autre vraie raison, plus rare, c'est la durée de vie. Une fenêtre alu thermolaquée tient 50 ans sans rien faire — joints à changer à 25 ans, c'est tout. Pour un investisseur (résidence locative, propriété qui passe de génération en génération), l'amortissement sur 50 ans tient parfaitement, malgré le surcoût initial de 30—40 %.
Pour un propriétaire qui revendra dans 10 ans, l'aluminium est un choix coûteux et inutile. Pour celui qui vivra là 30 ans, c'est probablement le plus rentable au m² posé/année.
Côté gammes, trois fabricants se partagent l'essentiel du marché en 2026.
K•Line KSO, fabricant français installé à Lannion en Bretagne depuis 1999 (filiale du groupe Liébot), reste l'option « accessible » de l'alu. Uw 1,3 W/m²K en gamme courante, sections fines de 60 mm visibles, plus de 200 RAL au choix en thermolaquage Qualicoat. 1 100 à 1 500 € posée. C'est le compromis qu'on pose le plus chez les clients qui basculent du PVC à l'alu pour la première fois.
Schüco AWS 75, l'allemand historique (créé en 1951 à Bielefeld) reste la référence haut de gamme — celle qu'on retrouve dans les concours d'architecture. Profilé 75 mm avec rupture de pont thermique en polyamide renforcé, Uw 1,0, mécanique Schüco TipTronic option électrique (la fenêtre se ferme et se verrouille seule). Comptez 1 400 à 2 100 € posée pour une qualité dont vous parlerez encore dans 30 ans.
Technal Soleal, fabricant français du groupe Hydro, se positionne entre les deux. Solidité Schüco, prix K•Line. Bien sur les baies coulissantes (gamme Lumeal). 1 200 à 1 700 €.
Le bois et le mixte : la dernière frontière esthétique
Le bois pur a été massivement remplacé par le PVC dans les années 80-90, à juste titre : un cadre bois mal entretenu pourrit en 15 ans. Mais il revient — pour deux raisons distinctes.
D'abord, le bois lamellé-collé moderne (Atrya, Sapa, Velux) n'a plus rien à voir avec le bois massif des années 70. Le pin sylvestre est aboutaboucé, traité autoclave en classe 3, recouvert d'une lasure microporeuse Sikkens ou Lambin sept couches. Durée de vie : 30—40 ans avec un entretien tous les 7-8 ans (lasure de remise en couleur, environ 8 €/m² de surface vue, 1 journée d'artisan). C'est plus cher en exploitation que le PVC, mais l'œil et le toucher d'une fenêtre bois en chêne ou pin de Douglas n'ont aucun équivalent.
Ensuite, le mixte bois/alu, qui résout le problème de l'entretien. Côté intérieur, vous avez le bois (chaleur visuelle, toucher, capacité d'absorption acoustique). Côté extérieur, l'aluminium thermolaqué — exposé aux intempéries, indestructible, sans entretien. Internorm HF410 et Velfac 200 dominent ce segment. C'est le top absolu en performance thermique : Uw 0,7 W/m²K en triple vitrage standard, conforme aux exigences passive (Passivhaus) sans surdimensionnement.
Quand le bois ou le mixte s'imposent vraiment
Trois cas concrets où on conseille bois ou mixte plutôt que PVC ou alu pur :
Cas 1 — Bâtiment classé ou ZPPAUP. Si votre maison est en zone Architecte des Bâtiments de France (ABF), le PLU peut imposer le bois ou interdire les imitations. C'est fréquent dans les centres anciens (Lyon Vieux Lyon, Aix-en-Provence cours Mirabeau, Bordeaux centre). Dans ce cas : Atrya Pro pin sylvestre lasuré, environ 1 200 à 1 800 € posée.
Cas 2 — Maison passive ou RE2020 ambitieux. Pour atteindre Uw moyen 0,8 sur l'ensemble du bâtiment (exigence Passivhaus), le mixte bois/alu Internorm HF410 reste imbattable. Triple vitrage de série, Ug 0,5, intercalaire warm edge. 1 800 à 2 600 € posée.
Cas 3 — Préférence esthétique forte du propriétaire. Le bois reste le matériau le plus chaleureux à l'œil. Si vous achetez une fenêtre qui sera devant vous 25 ans, et que vous préférez voir du chêne ou du douglas, c'est un argument valide. Reste à mesurer le coût réel d'entretien avant de trancher.
La grille de décision en cinq questions
En cinq minutes, vous saurez quoi choisir. Posez-vous ces cinq questions :
- Combien de temps allez-vous vivre dans cette maison ? Moins de 10 ans : PVC milieu de gamme. 10—25 ans : PVC haut de gamme ou alu. Plus de 25 ans : alu ou mixte bois/alu.
- Quelle est la portée du plus grand vitrage ? Moins de 1,4 m : tout matériau. Entre 1,4 et 2,4 m : PVC haut de gamme ou alu. Plus de 2,4 m : alu obligatoire.
- Êtes-vous en zone PLU restrictive (ABF, ZPPAUP) ? Si oui : bois ou mixte, pas de débat.
- Visez-vous MaPrimeRénov' ou les CEE ? Les gammes citées ici sont éligibles (Uw ≤ 1,3 minimum). Pour la prime maximale, viser Uw ≤ 0,9 (Internorm KF310 ou HF410, Schüco AWS 75).
- Quel est votre budget pour 10 fenêtres standard 100×120 cm ? 6 000—9 500 € : PVC. 11 000—15 000 € : alu. 18 000—26 000 € : mixte bois/alu.
Une fois ces cinq questions traitées, le choix se fait quasiment seul. Si vous hésitez encore après ça, c'est généralement entre deux gammes du même matériau — et là, seule la visite de chantier permet de trancher : qualité du dormant existant, exposition, voisinage.
Le simulateur de devis en page d'accueil vous donne une estimation chiffrée à partir de ces critères. Pour un devis réel, ferme et signé, il faut une visite — c'est gratuit et ça prend 45-90 minutes selon la taille du projet.
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Prix moyens constatés dans la région, donnés à titre d'information — ils ne constituent pas une offre.